Laura Calu en grand : pour une 100e représentation exceptionnelle à Marseille

Laura Calu en grand : pour une 100e représentation exceptionnelle à Marseille

Une présence scénique exceptionnelle, des personnages taillés sur mesure, c’est un spectacle digne de son talent que Laura Calu nous a offert à Marseille. Ce 1er février 2020 était une occasion rêvée de découvrir pour ceux qui ne la connaissaient pas encore, cette « grande » fille de 29 ans, du haut de son 1 m 85. Une jeune varoise à l’allure imposante qui met pourtant en scène une fille complexée malmenée par les pressions répétitives de la société. Dans un style humoristique original meublé de mimiques un peu à la Gad Elmaleh, c’est une panoplie de sketchs rythmés que Laura Calu nous présente avec la verve routinière qui ne la quitte jamais.

Tout est passé au crible par cette artiste qui exerce une véritable passion puisqu’une carrière d’humoriste a toujours été le grand rêve de la petite sudiste. Une passion qu’elle partage avec ses spectateurs dans un humour à la fois désopilant et engagé. Car, si les différentes représentations de Laura Calu en grand sont l’occasion pour cette jeune artiste d’exprimer tout son savoir-faire, elles sont aussi le moment qu’elle privilégie pour s’ériger en faux contre les stéréotypes concernant les diktats de la beauté, le manque de confiance en soi ou encore le problème de virilité vécu par certains hommes. Avec une franchise à la Bigard sans jamais sombré dans le vulgaire, on peut lui reconnaître un féminisme revendiqué par les plus grandes humoristes telles que Foresti ou encore Roumanoff.

A travers son spectacle, on peut oser dire que Laura Calu déglingue en quelque sorte les rouages d’une société un peu trop superficielle qui contraint les femmes à mourir dans des personnages tout aussi superficiels. L’un des 8 personnages qu’elle joue sur scène avec une réussite extraordinaire et l’un de nos chouchous est bien évidemment la miss qui ne rêve que de belles robes, de beaux bijoux, de belles voitures et de paillettes. Tout ceci joué dans une mimique rythmée d’une voix amorphe qui met en exergue la stupidité des concours de beauté.

Ce n’est certainement pas pour se moquer de ces femmes qu’elle représente à l’Espace Julien que Laura Calu joue avec autant de conviction, mais pour dire haut et fort les complexes subis par la gente féminine. Heureusement que Mélanie, notre Cagole est là avec tout son enthousiasme, ses couleurs vives dignes du Sud pour être « une » femme libérée de toutes ces contraintes. Dans un accent purement sudiste, Laura Calu réussit l’exploit de faire un remake de Titanic version Cagole. Un fou rire assuré qui permet de prendre conscience du manque de confiance qui peut s’installer progressivement jusqu’au point de s’enraciner au plus profond de nous. Et l’on peut dire que la société n’aide pas à se défaire de ces diktats avec ses publicités mensongères qui peignent la femme comme un objet sexuel toujours au top.

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